bannière

Le couvent des damnées tome 1 de Minoru TAKEYOSHI

Le 14/01/17 à 10:11:31 par Shinobivdk
image d'article

De temps en temps, il est possible de lire des extraits de manga grâce à l’éditeur de celui-ci. Suite à cette lecture, vous pouvez rester indifférent ou alors, votre intérêt pour l’oeuvre peut avoir drastiquement augmenté et vous décidez d’acheter le premier tome. Au final, vous pouvez être déçu, mais vous pouvez aussi avoir une bonne surprise. C’est ce qu’il s’est passé pour moi avec le couvent des damnées et je vais vous expliquer pourquoi.

Synopsis (Tiré du livre)

XVIe siècle, Saint-Empire romain germanique.
Une époque où des sages-femmes innocentes pouvaient être accusées de sorcellerie.
Laissée seule au monde par une chasse aux sorcières, la petite Ella est enfermée dans un couvent pour « enfants de sorcières ». Face à la violence de cette organisation au pouvoir immense, l’enfant aux yeux emplis d’une rage inextinguible jure vengeance contre celle qui a détruit sa vie. 

Avis

Le couvent des damnées nous plonge en Allemagne du XVIe siècle, plus précisément dans le Saint-Empire romain germanique. Ne connaissant pas du tout la vie de l’époque et ce territoire, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je me doutais que la religion y tenait une place prépondérante, mais je ne savais pas à quel point et sous quelle forme, je savais à peu près pour certaines procédures, mais c’est tout.
L’auteure nous dépeint un monde froid, dur et régi par une personne de forte influence. Un monde où le moindre morceau de nourriture est considéré comme une denrée rare, un monde où un simple rhume peut conduire à la mort. Pour moi, cela est d’autant plus frappant que ce monde dépeint n’appartient pas à la fiction (même si l'existence de la vierge de fer, élément central de l’histoire n’est pas prouvée), mais bel et bien au passé.  En plus de découvrir la vie des gens normaux, nous découvrons aussi la vie dans un couvent de filles de sorcières. A ce moment de l’histoire, celle-ci dévoile alors ce qui est pour moi, la première moitié de la force de l’oeuvre : Minoru TAKEYOSHI arrive à nous surprendre en nous montrant la dure réalité de la vie au couvent. Une vie encore plus dure encore que celle du monde décrit dans le paragraphe précédent, où l’on confond obéissance et soumission. « Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous.» Cette phrase, après ce premier tome, raisonne d’une étrange manière dans ma tête, tant ce qui est montré comme processus de soumission relève plus du comportement d’un diable que celui d’un dieu miséricordieux. Honnêtement, je ne pensais pas voir une telle cruauté dans ce manga, mais je le redis, c’est ce qui fait en partie la force de l’oeuvre, qui, malgré tout et peut-être sans le vouloir, arrive à faire écho à la société actuelle. Alors, soyez prévenu, Le couvent des damnées ne fait pas dans la dentelle, mais un point crucial vous permettra de compenser ces actes effroyables et d’apprécier pleinement le manga, la seconde moitié de sa force.

Ella, le personnage principal de la série, est une jeune fille forte, qui a connu un bout de l’Enfer et qui continuera à suivre ce chemin pavé de bonnes intentions dans la maison de Dieu pour mener à bien sa vengeance avec ingéniosité et ferveur. Personnellement, cela me fait plaisir de voir une fille sortant des sentiers battus par rapport à ce que l’on peut voir dans d’autres oeuvres en ce moment. Non seulement intelligente, mais aussi dotée d’une volonté de fer et d’une violence intérieure si forte que cela en est stupéfiant lorsqu’elle s'extériorise. Mais Ella n’est pas un cas à part et c’est que j’apprécie aussi dans ce premier tome : L’auteur nous montre que tout n’est pas blanc ou noir en développant le passé de certains personnages. En découvrant leur passé, on comprend alors les raisons qui les poussent à agir ainsi, sans pour autant les excuser, on comprend alors que certaines peuvent se montrer douces et être extrêmement dures à la fois. De véritables vierges de fer.

L’univers et les personnages sont portés par une histoire rythmée qui prend parfois le temps de se poser pour nous offrir des scènes grandioses (la scène sous la pluie par exemple) renforcées par le dessin de Minoru TAKEYOSHI.

Ce premier tome du Couvent des damnées est une très bonne découverte, c’est un tome qui surprend, qui choque, si vous êtes sensible, préparez-vous. Mais en contrepartie, Minoru TAKEYOSHI, nous montre des femmes fortes, abîmées par la vie qui ont toutes trouvées un moyen de se relever et de s’endurcir. Si vous êtes réceptif, ce tome 1 du Couvent des damnées saura vous coller à votre siège. Sautez le pas, et découvrez la naissance d’une vierge de fer.

Disponible aux éditions Glénat


Commentaires

Commenter :