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Perfect World tome 1 de Rie ARUGA - Une vision sincère du handicap moteur

Le 20/10/16 à 21:39:16 par Shinobivdk
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Depuis l’annonce cet été de la série Perfect World chez les éditions Akata, je n’eus qu’une seule envie :  pouvoir la lire. Et cela pour plusieurs raisons :
La première étant évidemment que les manga traitant du handicap ne sont pas légion et qu’il est toujours intéressant de voir le traitement d’une contrainte de vie par un auteur. La deuxième était de vérifier la véracité des propos concernant le handicap dans l’oeuvre. Et la troisième raison, qui est en fait la principale, est tout simplement que je suis particulièrement touché par l’oeuvre, étant donné que je suis en fauteuil roulant.
Maintenant que j’ai lu le premier tome, qu’en ai-je donc pensé ?

Résumé

Tsugumi Kawana, 26 ans, travaille au sein d’une entreprise de décoration d’intérieur. Sa vie aurait pu se poursuivre sans heurts si, au cours d’une soirée professionnelle, elle n’avait pas croisé son premier amour : Itsuki Ayukawa. Le temps a passé depuis le lycée, et surtout, un drame a frappé le jeune homme, le laissant handicapé à vie. Certaine qu’elle n’aura ni la force ni l’envie de sortir avec un homme « au corps amoindri », la jeune femme va pourtant sentir quelque chose changer en elle...

Avis

Avant de commencer, il convient de clarifier un point : Bien que je sois en fauteuil roulant, je ne souffre pas du même type de handicap moteur qu’Ituski. Il a été touché à la moelle épinière, moi non et croyez-moi cela change beaucoup de choses. Cependant, je connais de ce fait très bien le monde du handicap. Bien ! Maintenant que ce point est éclairci, on peut enfin entrer dans le vif du sujet.

La première chose qui m’a frappé en lisant ce tome, c’est le fait qu’ici, avouer ses sentiments n’est pas la finalité du manga, c’est plutôt de montrer les aprioris, la réalité de la vie de couple avec une personne en fauteuil et évidemment la réalité du handicap tout court. Pour ce faire, l’auteure utilise plusieurs points de vue, celui de l’handicapé, de ses parents, celle qui est amoureuse de lui, d’autres handicapés, et bien sûr, celui des gens en général. Ainsi, grâce à ces différentes facettes, Rie ARUGA nous offre ici une vision d’ensemble sur ce qu’est le fait de vivre avec un handicap moteur. Elle a indiqué avoir fait énormément de recherches et cela se voit :  Tous les phénomènes médicaux que l’on voit dans ce tome sont susceptibles d’arriver à une véritable personne souffrant du même handicap qu’Itsuki, que ce soit les escarres ou les infections urinaires.  Pour ce qui est dans le domaine du non-médical, là encore, l’auteure, touche juste. Que ce soit pour l’adaptation des infrastructures, le regard des autres, l’acceptation du handicap, ou même encore dans le caractère du jeune architecte. Bien sûr, tous les handicapés moteurs n’ont pas le même caractère que lui, mais il arrive parfois que certains pensent ce que lui pense. Moi-même je me suis retrouvé dans certains propos du personnage.En tout cas, je peux vous assurer que toutes les situations montrées dans ce premier ne sont pas spécifiques au Japon...

Pour en finir avec les propos de l’auteure et la véracité des faits, Rie ARUGA a fait le bon choix de ne pas prendre parti. Elle ne s'apitoie pas sur les handicapés, elle ne milite pas pour leur cause et ne les rabaisse pas. Elle ne fait que montrer, comme il le faut, ce qu’elle a appris de ces recherches.

Maintenant, que vaut Perfect World tome 1 sur la forme ?

Le premier tome est tout à fait agréable à lire. Alors oui, effectivement certaines scènes sont plutôt dures pour les gens qui n’ont pas l’habitude. Mais la plupart du temps, on est surpris par la douceur et la bonté qui émanent de l’oeuvre. Pour le moment, l’histoire n’est ni trop lente, ni trop rapide, elle se lit avec simplicité, d’ailleurs malgré le fait que le personnage principal soit en fauteuil roulant, l’histoire est simple, sans rebondissement. Toutefois c’est une bonne chose, cela contribue à la douceur de l’oeuvre, une douceur de vivre ponctuée des différentes épreuves que doit surmonter Itsuki.

Les deux personnages principaux sont plutôt bien développés, ils possèdent chacun une évolution percevable tout au long du tome mais celle de Tsugumi est beaucoup plus perceptible. Néanmoins, certains pourront reprocher un changement d’avis de la part de l'héroïne, beaucoup trop facile. Cependant, je pense que cela est justifié par le fait qu’Itsuki soit son premier amour. On pourrait ajouter qu’en plus elle n’est pas sans se poser des questions concernant la vie de couple.

Pour finir, un mot sur le graphisme, il est à l’image du tome : simple, efficace, mais surtout doux et agréable pour les yeux, mais sans manquer de dynamisme.

Perfect World tome 1 a répondu à toutes mes attentes :  une histoire d’amour qui, pour le moment, parle comme il faut du handicap, sans tomber de la niaiserie et la larme facile. Pour son premier manga publié, Rie ARUGA a choisi un sujet difficile et s’en sort très bien. En espérant qu’elle continue sur sa lancée et qu’elle aille au fond des choses.
Merci, Rie ARUGA ! 

Disponible aux éditions Akata


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